IdT – Les idées du théâtre


 

Préface

Mélite ou les Fausses Lettres [1633] ; Mélite [1644-1682]

Corneille, Pierre

Éditeur scientifique : Douguet, Marc

Description

Auteur du paratexteCorneille, Pierre

Auteur de la pièceCorneille, Pierre

Titre de la pièceMélite ou les Fausses Lettres [1633] ; Mélite [1644-1682]

Titre du paratexteAu lecteur

Genre du textePréface

Genre de la piècePièce comique [1633] ; Comédie [1644-1682]

Date1633

LangueFrançais

ÉditionParis : François Targa, 1633, in-4°

Éditeur scientifiqueDouguet, Marc

Nombre de pages2

Adresse sourcehttp://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70388g/f6

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/Corneille-Melite-Preface.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/Corneille-Melite-Preface.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/Corneille-Melite-Preface.odt

Mise à jour2013-09-02

Mots-clés

Mots-clés français

ReprésentationLecture / représentation

RéceptionAmis / censeurs

ExpressionNaïvetés

AutreRonsard, Malherbe, Théophile de Viau

Mots-clés italiens

RappresentazioneLettura / rappresentazione

RicezioneAmici / censori

EspressioneIngenuità

AltriRonsard, Malherbe, Théophile de Viau

Mots-clés espagnols

RepresentaciónLectura / representación

RecepciónAmigos / censores

ExpresiónEstilo natural

OtrasRonsard, Malherbe, Théophile de Viau

Présentation

Présentation en français

Corneille publie Mélite en 1633 : il s’agit de la première pièce qu’il a fait représenter (certainement en 1629-1630), mais de la deuxième qu’il publie, puisque Clitandre a été édité en 1632. La teneur des paratextes de ces deux pièces est très différente. La préface de Clitandre était un exposé théorique qui comparait la régularité de cette pièce à l’irrégularité de Mélite. L’avis au lecteur de Mélite, beaucoup plus court, ne parle pas de la pièce en elle-même, et encore moins de Clitandre : il est entièrement consacré à l’entreprise éditoriale, autour de laquelle Corneille se livre à un exercice de rhétorique qui lui permet d’adopter une posture originale, entre ironie, orgueil et goût du paradoxe. Comme tous les avis au lecteur ou les préfaces, il disparaîtra dans la première édition collective de 1644 qui conserve en revanche toutes les dédicaces, réelles ou fictives.

Texte

Au lecteur

[NP1] Je sais bien que l’impression d’une pièce en affaiblit la réputation1 : la publier, c’est l’avilir, et même il s’y rencontre un particulier désavantage pour moi, vu que ma façon d’écrire étant simple et familière, la lecture fera prendre mes naïvetés2 pour des bassesses. Aussi beaucoup de mes amis m’ont toujours conseillé de ne rien mettre sous la presse, et ont raison, comme je crois ; mais par je ne sais quel malheur, c’est un conseil que reçoivent de tout le monde ceux qui écrivent, et pas un d’eux ne s’en sert. Ronsard, Malherbe et Théophile3 l’ont méprisé, et si je ne les puis imiter en leurs grâces, je les veux du moins [NP2] imiter en leurs fautes, si c’en est une que de faire imprimer4. Je contenterai par là deux sortes de personnes, mes amis et mes envieux, donnant aux uns de quoi se divertir, aux autres de quoi censurer5 ; et j’espère que les premiers me conserveront encore la même affection qu’ils m’ont témoignée par le passé, que des derniers, si beaucoup font mieux, peu réussiront plus heureusement6, et que le reste fera encore quelque sorte d’estime de cette pièce, soit par coutume de l’approuver, soit par honte de se dédire. En tout cas, elle est mon coup d’essai7, et d’autres que moi ont intérêt à la défendre, puisque si elle n’est pas bonne, celles qui sont demeurées au-dessous doivent être fort mauvaises8.