IdT – Les idées du théâtre


 

Préface

Bérénice

Du Ryer, Pierre

Éditeur scientifique : Fenin, Coralie

Description

Auteur du paratexteDu Ryer, Pierre

Auteur de la pièceDu Ryer, Pierre

Titre de la pièceBérénice

Titre du paratexteSans titre

Genre du textePréface

Genre de la pièceTragi-comédie en prose

Date1645

LangueFrançais

ÉditionParis, Antoine de Sommaville, 1645, in-4°. (Numérisation en cours)

Éditeur scientifiqueFenin, Coralie

Nombre de pages1

Adresse source

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/Du-Ryer-Berenice-Preface.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/Du-Ryer-Berenice-Preface.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/Du-Ryer-Berenice-Preface.odt

Mise à jour2013-10-15

Mots-clés

Mots-clés français

ReprésentationVraisemblance

ExpressionVers / Prose

Mots-clés italiens

RappresentazioneVerosimiglianza

EspressioneVerso / Prosa

Mots-clés espagnols

RepresentaciónVerosimilitud

ExpresiónVerso / Prosa

Présentation

Présentation en français

La préface de Bérénice, bien que très courte, est à replacer dans le contexte de l’ample débat sur l’usage de la prose au théâtre. En effet, cette question soulève bon nombre de présupposés : vraisemblance, respectabilité de l’esthétique théâtrale, goût du naturel, existence conceptuelle de l’écriture non versifiée. Elle renvoie également à une opposition structurelle majeure de l’esthétique littéraire, celle qui distingue d’un côté la noblesse du vers et de l’autre le caractère commun de la prose. Après avoir évoqué sa surprise face au succès remporté par une pièce écrite en prose, Pierre Du Ryer expose un paradoxe certain. Le vers, bien que seule forme d’écriture légitime du théâtre, est un artifice qui ne saurait rivaliser avec l’efficacité de la prose. Le premier est une gratuité esthétique, la seconde une verbalisation utile et franche. Il ne semble pas inutile de rappeler ici que le sujet de la pièce de Du Ryer est radicalement différent de celui des pièces de Racine et de Corneille, tout entières historiques. Pour l’heure, et pour Pierre Du Ryer, Bérénice, pièce en prose, et de surcroît tragi-comique, ne doit son succès qu’au hasard.

Texte

{NP1} J’ai fait bien plus que je ne pensais, puisque j’ai fait en Prose une pièce de Théâtre1, et qu’elle n’a pas été désagréable. Car encore que j’aime la Prose, et que je l’élève par-dessus les Vers2 autant que les choses utiles doivent l’emporter par-dessus les délectables3, je n’ai pourtant jamais cru qu’elle pût paraître sur le Théâtre avec les mêmes effets et la même magnificence que les Vers4. Si j’ai toujours estimé que c’est un jeu de hasard que de faire des Comédies5, je suis particulièrement de cette opinion pour ce qui concerne les pièces en Prose. Et certes nous en voyons peu qui en [aient]6 fait deux avec le même succès, et à qui l’événement7 de la seconde n’ait ôté une partie de la réputation de la première8. Quoi qu’il en soit, c’est une course que je ne voudrais pas deux fois entreprendre9 ; et j’aime mieux me reposer au bout de la carrière avec un peu de gloire que de la recommencer avec hasard.