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Dédicace

Panthée. Tragédie

Durval, Jean-Gilbert

Éditeur scientifique : Blondet, Sandrine

Description

Auteur du paratexteDurval, Jean-Gilbert

Auteur de la pièceDurval, Jean-Gilbert

Titre de la piècePanthée. Tragédie

Titre du paratexteÀ très haut et puissant prince Louis de Savoie, duc de Genevois, de Nemours et d’Aumale, Pair de France, Marquis de Saint-Sorlin et de Saint-Rambert, Comte de Genève et de Gisors, Baron de Foussigny, Beaufort, et Bray sur Seine, etc.

Genre du texteDédicace

Genre de la pièceTragédie

Date1639

LangueFrançais

ÉditionParis, Cardin Besogne, 1639, in-4°

Éditeur scientifiqueBlondet, Sandrine

Nombre de pages2

Adresse sourcehttp://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1085579/f1

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/Durval-Panthee-Dedicace.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/Durval-Panthee-Dedicace.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/Durval-Panthee-Dedicace.odt

Mise à jour2015-02-03

Mots-clés

Mots-clés français

Relation œuvre / personnageŒuvre composée, voire créée, sous la protection du dédicataire ; paternité du dédicataire

Relations professionnellesAllusion implicite à la Panthée rivale de Tristan

Mots-clés italiens

Opera e PersonaggioOpera composta, forse creata, sotto la protezione del dedicatario ; paternità del dedicatario

Rapporti professionaliAllusione implicita alla Pantea rivale del Tristan

Mots-clés espagnols

Obra y personajeObra compuesta, quizá creada, bajo la protección del dedicatario ; paternidad del dedicatario

Relaciones profesionalesAlusión implícita a la obra « Panteia » rival de Tristan

Présentation

Présentation en français

La dédicace que Jean-Gilbert Durval adresse à Louis de Savoie1 en tête de sa Panthée développe une métaphore courante2, celle qui fait de la pièce un enfant de l’auteur – un enfant que le dramaturge prend toutefois soin ici de laisser sous « l’autorité absolue » de son dédicataire. L’image s’y remarque d’autant plus qu’elle se retrouve sous la plume du rival de Durval, Tristan L’Hermite, lequel affirme avoir voulu « donner une sœur à Mariane »3.

Précisément, la dédicace de Durval se signale par l’allusion à cette confrontation dramatique qu’il y ménage4 : il y clame fermement la primauté de sa pièce sur sa rivale, chronologie que confirme la préface5 où Durval déclare publier, avec Panthée, la dernière de trois pièces composées alors qu’il avait mis un terme à sa carrière scénique. Contrairement à l’habitude6, les dates de publication7 seraient donc largement postérieures à la création de la pièce, ce qui conséquemment révèle la rivalité éditoriale des deux Panthée : celle de Durval aurait bien été créée avant celle de Tristan8, mais aurait connu un échec susceptible de faire renoncer son auteur à la publier. C’est ainsi l’imminence de la publication de Tristan qui a pu inciter Durval à prendre lui-même de court son rival en demandant un privilège pour sa pièce, achevée d’imprimer à peine trois mois avant sa concurrente. De ce point de vue, revenir, pour clore son épître, sur « l’autorité absolue » que son dédicataire exerce non seulement sur le dramaturge, mais également sur sa pièce, est habile : Durval rend son mécène doublement garant de ce « droit d’aînesse » qu’il se montre si attaché à faire valoir.

Texte

À très haut et puissant prince Louis de Savoie, duc de Genevois, de Nemours et d’Aumale, Pair de France, Marquis de Saint-Sorlin et de Saint-Rambert, Comte de Genève et de Gisors, Baron de Foussigny, Beaufort, et Bray sur Seine, etc.

Monseigneur,

[NP1] si l’on croit pieusement ceux qui professent les sciences curieuses des9 merveilles qu’ils prédisent à la gloire des enfants qui viennent au monde, lorsqu’en leur constellation ils remarquent pour ascendant un astre de bon augure présider à leur naissance, je ne suis pas sans excuse de me laisser aisément persuader aux conjectures de ceux qui me font prendre bonne espérance de cet ouvrage, puisque non seulement il vous a plu de le recevoir en naissant, mais que, pour ainsi dire, dès le moment de sa conception vous l’avez honoré du fa[NP2]vorable aspect de votre présence. Vous savez, Monseigneur, l’âge qu’il peut avoir depuis qu’il est dans votre maison. Vos excellentes qualités lui peuvent avoir imprimé son titre de noblesse, et vos bienfaits lui avoir donné la constitution requise à sa durée. Aussi je vous le présente plutôt comme vôtre que venant de moi, ayant l’honneur d’être à vous autant par mon inclination que par les très humbles services que je suis obligé de rendre actuellement à Votre Grandeur. Si quelque autre de même substance, portant le même nom, lui dispute son rang et son mérite, vous saurez s’il vous plaît conserver le droit d’aînesse à qui légitimement il appartiendra10. Je n’en ai autre sentiment que de tendresse naturelle, et ne prétends pas le donner au public pour l’émanciper de l’autorité absolue que vous avez sur lui et sur son auteur : il sera trop heureux de porter les marques de votre générosité, et moi, trop honoré de vos commandements, et de la permission de me dire toute ma vie,

Monseigneur,

De votre Grandeur,

Le très humble, très obéissant et très fidèle Serviteur, Durval.