IdT – Les idées du théâtre


 

Préface

Comedia de Eufrosina traducida de lengua portuguesa en castellana por el Capitán don Fernando de Ballesteros y Saavedra

Quevedo y Villegas, Francisco de

Éditeur scientifique : Blanco, Mercedes et Zerari, Maria

Description

Auteur du paratexteQuevedo y Villegas, Francisco de

Auteur de la pièceFerreira Vasconcelos, Jorge de

Titre de la pièceComedia de Eufrosina traducida de lengua portuguesa en castellana por el Capitán don Fernando de Ballesteros y Saavedra

Titre du paratexteA los que leyeren esta comedia

Genre du textePréface

Genre de la pièceComedia

Date1631

LangueEspagnol

ÉditionMadrid, Imprenta del reino, a costa de Domingo González, 1631, in-12°

Éditeur scientifiqueBlanco, Mercedes et Zerari, Maria

Nombre de pages7

Adresse sourcehttp://digital.onb.ac.at/OnbViewer/viewer.faces?doc=ABO_%2BZ182788108

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/Ferreira-Eufrosina-Preface.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/Ferreira-Eufrosina-Preface.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/Ferreira-Eufrosina-Preface.odt

Mise à jour2015-04-10

Mots-clés

Mots-clés français

GenreComédie ; comédie en prose

SourcesFamille de la comédie en prose : Lope de Rueda, la Selvagia, la Celestina, Camõens, Corte- Real

RéceptionPublic populaire ennemi de la Comedia

FinalitéPlaisir ; utilité ; moralité divertissante et érudite ; récréation des rois ; bénéfices pour les hôpitaux

ExpressionÉlégante et savante

Relations professionnellesÉloge de Lope de Vega et de ses comedias

AutreSénèque lecteur d’Euripide ; tragédie de Bellérophon ; éloge du traducteur et de sa traduction du texte portugais ; anonymat

Mots-clés italiens

GenereCommedia ; commedia in prosa

FontiFamiglia della commedia in prosa : Lope de Rueda, la Selvagia, la Celestina, Camõens, Corte-Real

RicezionePubblico popolare nemico della Comedia

FinalitàDiletto ; utilità ; moralità divertente e erudita ; ricreazione dei re ; benefizi per gli ospedale

EspressioneElegante e dotta

Rapporti professionaliElogio di Lope de Vega e delle sue comedias

AltriSeneca lettore d’Euripide ; tragedia di Bellerofonte ; elogio del traduttore e della sua traduzione del testo portoghese ; anonimato

Mots-clés espagnols

GéneroComedia ; comedia en prosa

FuentesFamilia de la comedia en prosa : Lope de Rueda, la Selvagia, la Celestina, Camõens, Corte- Real

RecepciónPúblico vulgar enemigo de la Comedia

FinalidadPlacer ; utilidad ; moralidad entretenida y docta ; recreación de los reyes ; beneficios para los hospitales

ExpresiónElegante y docta

Relaciones profesionalesElogio de Lope de Vega y de sus comedias

OtrasSéneca lector de Eurípides ; tragedia de Belerofonte ; elogio del traductor y de su traducción del texto portugués ; anonimato

Présentation

Présentation en français

Dans les œuvres originales, la préface est communément le fait de l’auteur du texte principal, mais dans les traductions, le préfacier, quand il n’est pas le traducteur lui-même, est souvent une autorité reconnue. Tel est le cas de Quevedo, auteur de la préface de la traduction castillane de cette Comedia Eufrosina écrite par le Portugais Jorge Ferreira de Vasconcelos (ca.1515-ca. 1585). Grâce à la somme en deux volumes de Jean Subirats1, on connaît mieux l’œuvre de cet écrivain, qui fut valet de chambre de l’infant Don Duarte et qui, plus tard, appartint à la maison du Prince Jean à qui il dédia, précisément, l’Eufrosina. ; La plus ancienne édition de la Comedia Eufrosina date de 1555 et fut publiée à Coimbre. Il en existe un exemplaire unique à la Bibliothèque Nationale de Madrid retrouvé par Eugenio Asensio, qui le prit pour base de son édition du texte2. La princeps fut suivie de près par trois autres impressions dont il demeure aujourd’hui des exemplaires : celle de Coimbra, de 1560, et celles d’Évora, de 1561 et 1566, qui portent les traces d’une révision de l’auteur, lequel essaya d’atténuer ou de compenser les traces d’érasmisme et d’anticléricalisme, ce qui ne sauva pas pour autant l’œuvre de l’interdiction. La pièce ayant été mise à l’index par l’Inquisition portugaise en 1581, les éditions se tarirent jusqu’à celle « nouvellement traduite et amendée » par le poète et traducteur Francisco Roiz Lobo, expurgée au point de défigurer gravement l’original (Lisbonne, Antonio Álvarez, 1616). Vint ensuite la traduction de Ballesteros, préfacée par Quevedo qui, parmi les mérites de la traduction qu’il préface, suggère qu’elle s’appuie sur un original non caviardé par Lobo. Ce point a été mis en cause par la critique, mais la récente thèse de Silvina Martins Pereira3 prouve, par une comparaison méthodique, que la version de Ballesteros réintègre en effet à la comedia des éléments sacrifiés par la censure de Lobo. La remarque de Quevedo rappelle son goût d’humaniste pour l’intégrité du texte, ainsi que ses propres démêlés avec la censure4. L’antipathie que l’auteur des Sueños laisse percer pour un Lobo coupable d’avoir coupé dans le vif du texte de l’Eufrosine s’accorde avec la tendance de sa plume à une hardiesse exubérante, difficile à concilier avec ce que l’on tient souvent pour le caractère conservateur, voire « réactionnaire » de ses opinions.

La plupart des prologues écrits par Quevedo ont en partage un ton d’assurance péremptoire, volontiers mordant, qui mêle savoir, savoir-faire et/ou art de la « provocation »5. Cependant, le Quevedo préfacier de la traduction de la Comedia Eufrosina joue, en l’espèce, le jeu sérieux, bienveillant et éclairant du passeur de texte. Il faut dire que la traduction en question, Comedia Eufrosina. Traducida de lengua portuguesa en castellana por Don Fernando de Ballesteros y Saavedra, était l’œuvre d’un ami ou allié, le dénommé Ballesteros (1576-1657), gentilhomme érudit, fonctionnaire, écrivain et familier de l’Inquisition. Ainsi, à la suite de la dédicace de Ballesteros au « señor Infante don Carlos », à la suite d’une Aprobación de José de Valvidielso et d’une autre de Jiménez Patón, le préfacier Don Francisco de Quevedo y Villegas, Cavallero de la orden de Santiago fait l’éloge de cette comedia du XVIe siècle, écrite en prose et en langue portugaise, qui se rattache, par son intrigue et ses personnages comme par sa tonalité et son style, à la vaste famille « célestinesque ». La mention de la très « estimée » Célestine à la fin de la préface atteste que le préfacier en avait parfaitement conscience. Au demeurant, on ne s’étonnera pas du goût de Quevedo pour la Célestine et sa descendance, dont il partage la verdeur d’un langage volontiers obscène ou équivoque, les personnages grotesques à la verve torrentielle, les tirades amplement moralisatrices rachetées par le sens de la formule laconique, vigoureusement frappée. De fait, la matière célestinesque, mêlée à d’inlassables variations brillantes du stéréotype classique de la vieille – la vetula – a laissé d’innombrables traces dans sa poésie, son théâtre et ses fictions en prose.

Notre texte se développe en quatre temps : tout d’abord, Quevedo célèbre la pièce portugaise, dont l’auteur inconnu se trouve exalté, en pointant ses qualités propres à l’utile et à l’agréable ; puis il fait l’éloge du théâtre en s’appuyant sur une assez longue citation de la lettre 115 de Sénèque ; le discours se poursuit par une petite apologie de la comedia (probablement entendue dans son sens général de « pièce de théâtre ») et des comedias de Lope de Vega en particulier, celles-ci convenant au divertissement des princes qui les ennoblissent par leur royale approbation ; enfin, après avoir égrené des précédents castillans et portugais de comédies en prose (les pièces de Lope de Rueda, la Selvagia, la Célestine, une pièce de Camões et deux de Corte-Real), la préface se clôt par un éloge du travail de traducteur de Ballesteros y Saavedra.

En somme, cette préface est un vibrant hommage rendu au théâtre et à la comedia au miroir d’une pièce portugaise comme annexée, pour l’occasion, au domaine castillan, grâce à une traduction apparemment tenue en grande estime par le polyglotte Francisco de Quevedo. Jaime Moll a rappelé que cette Eufrosina fut la seule « comedia » dont le Conseil de Castille devait autoriser la publication durant les années d’interdiction6, d’où probablement, dans le prologue de Quevedo, l’importance imputée à l’exemplarité du texte de Ferreira – texte qui, on s’en souvient, fut condamné par l’Inquisition avant d’être amendé par les coupes sombres de Roiz Lobo. D’où, également, ce lexique et ces expressions qui, avec une (trop) grande insistance, sacrifient au thème horatien de l’utile et de l’agréable, mais surtout, en vérité, de l’utile.

Il faut dire que la triomphante comedia voit dans ces années sa diffusion livresque bloquée par les censeurs, qui se résignent à la laisser vivoter, tel un fugace divertissement, tout en lui refusant la dignité littéraire que le livre octroie. Bel et bien définie comme un divertissement, mais hautement délectable et profitable, comme une école de conduite, elle trouve en Quevedo un défenseur d’envergure qui mêle dans un même éloge le théâtre dans son ensemble, les « comédies » en prose faites pour la lecture, à l’exemple de l’Eufrosina, et la spectaculaire comedia de Lope. C’est ainsi que, en dépit de sa minceur et de l’indéniable banalité de son argumentation, ce prologue doit à la personnalité de son auteur une valeur documentaire non négligeable, telle une pièce du dossier théâtre et du dossier comedia. ; Notons, en outre, qu’au sein du passage le plus réussi du prologue – l’extrait d’une lettre de Sénèque à Lucilius (1. 115) –, le traducteur de « quatre-vingt-dix lettres » sénéquiennes que fut Quevedo met au cœur de son propre texte une sorte de saynète méta-textuelle sur le théâtre et sa condamnation. Cette anecdote théâtrale rapporte la réaction du public à l’écoute de la tirade sur les richesses que prononce Bellérophon dans la pièce du même nom d’Euripide. Devant la vociférante indignation des spectateurs (aux allures de foule ignorante, quoique honnête) qui sanctionne un éloge de l’or par trop scandaleux, Euripide en personne serait intervenu afin de rasséréner ce public et de l’inviter à attendre la fin de sa pièce qui voit la punition du héros. On comprend l’opportunité de la citation à la lecture de l’Eufrosina, car certains personnages y soutiennent des opinions pendables à grand renfort de tirades sentencieuses et de bons mots. L’un d’entre eux, Cariófilo, défend la séduction des filles et l’inconstance ; d’autres font de même avec la cupidité ; d’autres encore recommandent une fourbe armée d’arguties juridiques et prônent l’esprit de revanche. Certes, lors du dénouement, certains personnages sont pris au piège de leurs manigances et laissent quelques plumes dans l’affaire, mais ce que le lecteur retient surtout c’est le triomphe de l’amour – furtif et contraire aux projets de beau mariage du père de la demoiselle –, du galant pauvre, Zelótipo, et de la belle Eufrosina. Grâce à l’intercession d’un ami aussi loquace que bien intentionné, ils sont in fine pardonnés par le père et promis à un bel héritage. C’est donc bien à sa manière de sophiste que Quevedo couvre cette « morale » assez légère d’un voile de sévérité sénéquienne, défendant ainsi, plus encore que la comedia, l’esprit de la comédie antique et moderne, favorable aux plaisirs de la jeunesse, à la liberté de l’amour et à l’effacement des pères au profit des fils, des riches au profit des pauvres.

Somme toute, à travers cette citation librement traduite, l’écrivain recommande à son tour la patience et la bonne intelligence face à la Comedia Eufrosina et à la comedia nueva, stratégiquement rapportées non à l’œuvre d’un Plaute, d’un Térence ou d’un Ménandre, mais à celle de l’un des grands tragiques grecs. Malgré un éloge un rien paradoxal du vulgo, il semble bien que les censeurs du théâtre et de la comedia, assimilés en sous-main au public vulgaire d’antan si prompt à juger, huer et condamner, tombent sous un éclairage peu flatteur : ils ne sont que médisants spectateurs qui entendent de travers. Aussi, l’air de ne pas trop y toucher, le préfacier renvoie-t-il très loin dans leurs cordes les ennemis du théâtre et de la comedia : que celle-ci soit composée à l’ancienne mode célestinesque ou à la mode contemporaine de la comedia nueva – une nouvelle comedia que Quevedo, sa vie durant, vit fleurir et prospérer, en dépit des attaques de la censure.

Présentation en espagnol

En las obras originales, el prólogo es a menudo redactado por el autor del texto principal, pero en las traducciones, cuando no es el propio traductor, suele ser un escritor de prestigio quien se hace cargo de la tarea. Así sucede con Quevedo prologuista de la traducción castellana de esta Comedia Eufrosina escrita por el portugués Jorge Ferreira de Vasconcelos (c. 1515-c. 1585). Gracias al concienzudo estudio en dos volúmenes de Subirats7, conocemos mejor la obra de este escritor, que fue camarero del infante don Duarte y que perteneció después a la casa del príncipe don Juan, a quien dedicó precisamente, la Eufrosina. ; La princeps de la Comedia Eufrosina vio la luz en Coimbra en 1555. El único ejemplar conservado se encuentra en la Biblioteca Nacional de Madrid donde lo halló Eugenio Asensio, quien lo tomó por base de su edición de la obra, la mejor hasta el momento8. La princeps fue pronto seguida de otras tres ediciones de que se conservan ejemplares hoy en día : la de Coimbra, de 1560, y las de Évora, de 1561 y 1566, con huella las dos últimas de una revisión llevada a cabo por el autor, con ánimo de limar o compensar ciertas pinceladas satíricas de acento erasmiano, y sin que eso impidiera la prohibición que amenazaba la obra. Ésta figura en el Índice de la Inquisición portuguesa en 1581 (es probable que fuera prohibida también en índices anteriores perdidos), pero, como sucedió en España con el Lazarillo, el aprecio muy extendido por su excelencia literaria determinó su rescate mediante una edición, « nuevamente traducida y enmendada » por el poeta y traductor Francisco Roiz Lobo, cuya expurgación drástica desfiguró la obra (Lisboa, Antonio Álvarez, 1616). Entre los méritos de la traducción de Ballesteros, según Quevedo, figura el basarse en una versión no censurada, « el original no cercenado por Lobo ». El hecho ha sido discutido por la crítica, pero la reciente tesis de Silvina Martins Pereira9 prueba, mediante un metódico cotejo, que la versión castellana de Ballesteros restituye a la comedia elementos sacrificados por la censura de Lobo, aunque no llegue a precisar cuál de las versiones anteriores manejó el traductor. Sea como sea, la observación de Quevedo obedece a un aprecio por la integridad de los textos propio de un escritor con ambiciones de humanista, y recuerda sus propios conflictos con la censura10. La antipatía que el autor de los Sueños deja entrever por un Lobo culpable de haber mutilado el texto de la Eufrosina parece lógica en quien no supo o no quiso nunca refrenar las audacias de su propia pluma, algo que nos cuesta conciliar con el fondo conservador, o « reaccionario » que la crítica le atribuye. ; La mayoría de los prólogos de Quevedo para sus obras o las ajenas comparten un tono apodíctico y perentorio, a menudo mordaz, que conjuga erudición, habilidad retórica y/o arte de la provocación11. Sin embargo, el Quevedo prologuista de la Eufrosina se atiene, por cortesía o generosidad, al juego serio, benévolo e instructivo de quien se pone al servicio de una causa ajena. Y es que la traducción era obra de un amigo o aliado, Fernando de Ballesteros y Saavedra (1576-1657), caballero erudito, funcionario que desempeñó cargos distinguidos, tratadista político y familiar de la Inquisición. A la zaga de la dedicatoria al « señor infante don Carlos », y después de una Aprobación de Valdivielso, otra de Jiménez Patón, el prologuista « Don Francisco de Quevedo y Villegas, Caballero de la orden de Santiago » elogia sin reservas una comedia del siglo XVI, escrita en prosa y en lengua portuguesa, que indudablemente pertenece de lleno, por su trama y sus personajes, como por su tonalidad y su estilo, a la vasta familia « celestinesca ». Al mencionar la « superior estimación » de la Celestina, el prologuista subraya esta filiación, que tenía la ventaja de hispanizar la obra lusa. Pero, más allá de cualquier cálculo oportunístico, no es de extrañar el aprecio de Quevedo por la obra de Rojas y por su descendencia. Con ellas comparte un vocabulario de abrumadora riqueza, el gusto por el lenguaje figurado, rotundamente expresivo, el sermón moralizador que rescata su prolijidad mediante un uso pródigo de la erudición, el acopio de ejemplos y citas y el centelleo de sentencias, chistes y otras agudezas. Es bien sabido que la materia celestinesca, mezclada con brillantes variaciones del estereotipo clásico de la vetula, dejó innumerables huellas en la poesía de Quevedo, en su teatro cómico y en sus ficciones en prosa. ; El prólogo se desarrolla en cuatro tiempos ; primero, celebra la comedia portuguesa, cuyo desconocido autor es exaltado, apuntando sus cualidades que juntan lo útil con lo deleitable ; luego deriva hacia un elogio del teatro, apoyado en una larga cita de la epístola 115 de Séneca ; prosigue con una breve apología de la comedia (entendida en el sentido archi-genérico que le da la práctica española del teatro de entonces) y de las comedias de Lope en especial, en nombre de su conveniencia para la diversión de los reyes y la afición que los « príncipes » le tributan ; finalmente, después de haber enumerado precedentes castellanos y portugueses en prosa (las piezas de Lope de Rueda, la Selvagia, la Celestina, una comedia de Camões y dos de Corte-Real), el discurso se cierra con un encomio del trabajo de traductor de Ballesteros y Saavedra. En suma, este prefacio es un vibrante homenaje al teatro y a la comedia al socaire de una obra portuguesa anexada, en esta ocasión, al dominio castellano, gracias a una traducción aparentemente muy estimada por el políglota Francisco de Quevedo. Jaime Moll recordó que esta Eufrosina fue la única comedia cuya publicación se autorizó durante los años de prohibición12. De ahí procede probablemente, la insistencia del prólogo en la supuesta ejemplaridad del texto de Ferreira – texto que, como señalábamos más arriba, fue condenado por la Inquisición antes de sufrir los inmisericordes recortes de Roiz Lobo. De ahí se deriva, por lo demás, ese vocabulario que con machacona y tal vez sospechosa redundancia, amplifica el lugar común horaciano del prodesse et delectare, insistiendo en el primer término. ; Recordemos que durante estos años los censores frenan el ascenso de la triunfante comedia, resignándose a dejarla sobrevivir como efímero entretenimiento pero rehusándole, al prohibir su difusión por la imprenta, la dignidad literaria y la perduración que confiere el libro. Definida por Quevedo como un entretenimiento sí, pero altamente deleitable y provechoso, una escuela de buenas costumbres, halla en el famoso y temido escritor un defensor de envergadura que mezcla en un mismo elogio el teatro en su conjunto, las comedias eruditas en prosa hechas para la lectura como la Eufrosina, y la espectacular comedia de Lope. Pese a su brevedad, y a la trivialidad de sus argumentos, el prólogo posee, pues, un valor no desdeñable, debido en gran parte a la personalidad de su autor, como documento del largo pleito a favor y en contra del teatro y de la comedia. ; Observemos por lo demás que en el pasaje más sustancial de nuestro texto – el largo extracto de una epísola de Séneca a Lucilio (1. 115) –, el traductor de « noventa cartas » senequianas que fue Quevedo sitúa en el meollo de su propio discurso un pequeño sainete metatextual sobre el teatro y su condena. La anécdota relatada por Séneca refiere la reacción del público al oír el parlamento de Belerofonte en la tragedia epónima de Eurípides. Ante la indignación de los espectadores (con aire de multitud ignorante aunque de nobles sentimientos) a quienes subleva un elogio del oro demasiado escandaloso, intervino Eurípides en persona para apaciguar al público e invitarlo a aguardar el final de su obra en que asistiría al castigo del malvado. Se entiende la oportunidad de la anécdota para apoyar una obra como la Eufrosina donde varios personajes sustentan con prolija elocuencia posturas morales poco recomendables. Uno de ellos, Cariófilo, defiende la seducción de las doncellas y la inconstancia ; otros hallan disculpas para la codicia ; otros recomiendan la astucia y la venganza. Ciertamente estos personajes acaban enredados en sus propias trampas y salen perdiendo del negocio (así el licencioso Cariófilo mediante un matrimonio forzado con una cristiana nueva), pero lo que el lector retiene principalmente es la « lección » de la larga escena final, el triunfo del amor, furtivo y contrario a la voluntad del padre de la doncella, del galán pobre Zelótipo y de la bella Eufrosina. Por intercesión de un amigo locuaz y de cristianos sentimientos, los dos enamorados reciben el perdón del padre que renuncia a desheredarlos de su cuantiosa hacienda. Con el arte sofístico que lo caracteriza, Quevedo cubre esta moral más bien ligera con un manto de severidad senequiana, defendiendo así, más todavía que el teatro de Lope y de su tiempo, de vena tragicómica, el espíritu de la comedia antigua y moderna, favorable a los placeres juveniles, a la libertad del amor sincero y a la primacía de los hijos sobre los padres, de los pobres sobre los ricos. ; En definitiva, a través de esta cita clásica libremente traducida, el escritor recomienda a su vez la paciencia y la comprensión frente a la Comedia Eufrosina y a la comedia nueva, ambas estratégicamente referidas, no a la autoridad de un Plauto, de un Terencio o de un Menandro, sino a la de uno de los grandes trágicos griegos. Pese a un elogio levemente paradójico del « vulgo », Quevedo sugiere que los censores del teatro en general y de la comedia en particular se asemejan al público vulgar de antaño tan dispuesto a juzgar, injuriar y condenar : no son sino espectadores llenos de « malicia » que calumnian lo que no comprenden. Así, sin departirse de un aire respetable y más respetuoso que de costumbre, el prologuista contraataca con eficacia a los enemigos del teatro y de la comedia : tanto de la chapada a la antigua, compuesta a la vieja manera celestinesca, como de la comedia nueva que el mismo escritor vio florecer en sus años juveniles y madurar en sus años de senectud.

Texte

Francisco de Quevedo Villegas caballero de la orden de Santiago

A los que leyeren esta comedia

{NP1} Esta Comedia Eufrosina que, escrita en portugués, se lee sin nombre de autor13, es tan elegante, tan docta, tan ejemplar, que hace lisonja la duda que la atribuye a cualquier de los más doctos escritores de aquella nación. Muestra igualmente el talento y la modestia del que la compuso14, pues se calló tanta gloria que hoy apenas la conjetura halla sujeto capaz a quien po{NP2}der atribuirla.

Mañosamente debajo del nombre de comedia enseña a vivir bien, moral y políticamente, acreditando las virtudes, y disfamando los vicios, con tanto deleite como utilidad, entreteniendo igualmente al que reprehende y al que alienta15 : extraña habilidad de pluma que sabe sin escándalo16 ser apacible y provechosa, condición que deben tener estas composiciones. Así lo juzgó Séneca Epístola 11517. Refiere que en una tragedia de Eurípides, Belerofonte18, que era la persona que hablaba, dijo tales palabras: « Deja que me llamen maldito, como me llamen rico ; pues todos preguntamos, si uno es rico, no si es bueno. No preguntan por qué y de dónde, sino {NP3} cuánta hacienda posee. En toda parte, es cada uno tanto como tiene.  Preguntas ¿ qué cosa nos está mal tener ?  Respondo que nada, y quiero vivir rico y, si soy pobre, morirme. Bien muere quien muriendo gana algo. Si en la cara de Venus resplandece cosa como la riqueza y el oro, con razón enamora a los hombres y a los dioses. »

En acabando de pronunciar estas palabras postreras, todo el mundo se levantó con ímpetu a apedrear al representante y a los versos, hasta que Eurípides mismo se levantó entre todos, pidiendo que aguardasen a ver qué fin tenía en la tragedia este idólatra del oro19. Oyéronle, y Belerofonte en la fábula tenía el castigo que merecía su insolencia.

{NP4} Hasta aquí son palabras de Séneca que, aprovechando la buena composición y ejemplar de Eurípides, previno desde entonces aplauso y alabanza a nuestra Eufrosina20, donde están distribuidas las ruinas y las afrentas sobre los vicios y los premios sobre las virtudes y méritos21. No quede sin alabanza aquel vulgo que se amotinó en el teatro contra la insolencia de las palabras, cuando no se lee de los jueces y magistrados algún enojo22.

Con grande gloria de la virtud y buen ejemplo, se han escrito en España con nombre de comedias, fuera de las fábulas, historias y vidas23, que a la virtud y al valor enseñan y mueven con más fuerza que otra alguna cosa : como se ve con admiración en las {NP5} de Lope de Vega Carpio, tan dignas de alabanza en el estilo y dulzura, afectos y sentencia, como de espanto, por el número demasiado para un siglo de ingenios24, cuanto más para uno solo, a quien en esto siguen dichosamente muchos que hoy escriben este entretenimiento, decente a soberanas ocupaciones ; que el ocio de los Reyes tiene estatutos de majestad y no debe admitir alivio que no sea calificado. Por esto tiene lugar en los oídos de los Príncipes este de las comedias, a quien han dado su atención, contra la prolijidad de los cuidados, los más y mejores monarcas del mundo, sin que a esto ofenda lo que algunos malician para reprobar los ingenios que dichosamente se ocupan en esta composición25 ; ni el entretenimiento, que {NP6} es gustoso, docto, ejemplar, y limosnero por el socorro frecuente con que alimenta los hospitales26. Pocas comedias hay en prosa de nuestra lengua, si bien lo fueron todas las de Lope de Rueda27. Más para leídas tenemos la Selvagia28, y con superior estimación la Celestina29, que tanto aplauso ha tenido en todas las naciones. En portugués hay una de Camões30, dos del doctísimo Corte-Real31, y esta Eufrosina, de que carecíamos ; porque su original no cercenado por Lobo32, es difícil por los idiotismos de la lengua y los proverbios antiguos, y que ya son remotos a la habla moderna.

Don Fernando de Ballesteros y Saavedra33, con suma {NP7} diligencia la ha traducido, de suerte que, hablando castellano, no deja de ser portugués, ni deseó de verse como nació, donde empieza ahora a vivir. Merece Don Fernando grande alabanza en haber hecho que tenga Castilla parte en obra tan grande y digna de encarecida estimación.

Don Francisco de Quevedo y Villegas.