IdT – Les idées du théâtre


 

Dédicace

Cornélie. Tragédie de Rob. Garnier, conseiller du Roi au siège présidial et Sénéchaussée du Maine

Garnier, Robert

Éditeur scientifique : Lamy-Houdry, Mathilde

Description

Auteur du paratexteGarnier, Robert

Auteur de la pièceGarnier, Robert

Titre de la pièceCornélie. Tragédie de Rob. Garnier, conseiller du Roi au siège présidial et Sénéchaussée du Maine

Titre du paratexteÀ Monseigneur de Rambouillet, Chevalier de l’Ordre du Roi, Conseiller en son Conseil Privé, Capitaine de ses Gardes, Sénéchal et Lieutenant pour sa majesté au pays et comté du Maine

Genre du texteDédicace

Genre de la pièceTragédie

Date1574

LangueFrançais

ÉditionParis, Robert Estienne, 1574, in-8°

Éditeur scientifiqueLamy-Houdry, Mathilde

Nombre de pages5

Adresse sourcehttp://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70810x

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/Garnier-Cornelie-Dedicace.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/Garnier-Cornelie-Dedicace.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/Garnier-Cornelie-Dedicace.odt

Mise à jour2014-09-03

Mots-clés

Mots-clés français

Relations professionnellesAppel à l’émulation

ActualitéGuerres de religion ; affaires polonaises

AutreMécénat politique

Mots-clés italiens

Mots-clés espagnols

Présentation

Présentation en français

La dédicace que Garnier adresse, en tête de sa Cornélie, au chevalier de Rambouillet célèbre l’imitation des tragédies antiques et l’émulation qui enrichit la langue française depuis Jodelle. Le dramaturge suggère le rapprochement entre les guerres civiles de Rome, qui firent suite à la mort de Jules César, et les troubles contemporains qui agitent le Royaume de France, comme le soulignera également la dédicace de Marc Antoine1. Garnier espère que l’aristocratie française fera preuve de vertu et de soumission au pouvoir, et envisage de cesser l’écriture dramatique pour se consacrer à l’historiographie de la famille Rambouillet.

Texte

À Monseigneur de Rambouillet2, Chevalier de l’Ordre du Roi, Conseiller .en son Conseil privé, Capitaine de ses Gardes, Sénéchal et Lieutenant pour sa Majesté au pays et Comté du Maine                

{2 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70810x/f4} Quand la noblesse française, embrassant la vertu, comme vous faites Monseigneur, fera compte des choses vertueuses, il se trouvera toujours de gentils3 esprits parmi notre France (laquelle en est mère très fertile) qui [NP2] l’honoreront de plusieurs beaux écrits dignes de l’antiquité4. Mais l’ignorante barbarie, qui par l’assiduité des guerres s’est de tout temps emparée de l’esprit des seigneurs, leur a fait dédaigner les lettres5, et par ce mépris empêché l’heureuse naissance d’une infinité de beaux fruits. Je suis marri que les ouvriers6 qui savent par leurs labeurs vêtir une vertu d’immortalité, n’ont aussi parfaite connaissance que moi de l’honneur qui luit en vous, Monseigneur, et en Messeigneurs vos frères. Vous seriez le sujet d’un million de beaux et doctes ouvrages qui porteraient votre nom, de soi si recommandable aux yeux de la postérité. Or moi, ne vous pouvant promettre telle chose de mes écrits, je vous les consacre toutefois, pour inciter les au{3 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70810x/f6}tres, meilleurs maîtres que je ne suis7, à faire le semblable8. Et aurai atteint le but de mon intention, quand chacun, qui reverra votre nom sur le front de Cornélie9, jugera par mon second présent que vous aurez fait cas du premier, et à mon exemple vous dédiera, comme à l ’envi, ce qu’il aura de meilleur et de plus singulier que moi. Certainement je répute10 notre province heureuse de vous avoir ses chefs11, à l’Église, la Justice, et le fait politique du gouvernement. Et ne pouvant quant à moi ne me ressentir de cette publique félicité, outre le particulier mérite, et ne me voyant moyen de juste reconnaissance, je vous revoue ici le service que je vous ai de long temps consacré. Que si mes vers reçoivent cet heur12, par la France, d’être avec [NP3] quelque estime recueillis, je laisserai les cris et les horreurs de mes tragédies (poème à mon regret trop propre aux malheurs de notre siècle13) pour sonner14 plus tranquillement les héroïques faits de votre maison15. Cependant, vous verrez les pleurs de Cornélie, qui se va présenter pour son auteur aux yeux de votre débonnaireté16. Et suis bien sûr qu’encore que17 le principal faix et le plus sérieux des affaires polonaises18 repose aujourd’hui sur vos épaules, comme y tenant, en l’absence de Sa Majesté, le rang et grade de roi, vous ne dédaignerez toutefois d’abaisser la vue sur elle, pour entendre les plaintes de sa calamité. Recevez l’ouvrage, Monseigneur, sinon pour le mérite d’icelui, au moins pour la dignité du sujet, qui est d’une grande Ré{4 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70810x/f8}publique, rompue par l’ambitieux discord19 de ses citoyens, la ruine de laquelle est d’autant plus déplorable qu’onques20 rien ne fut vu sur la terre de plus auguste et de plus révérable majesté que sa grandeur.