IdT – Les idées du théâtre


 

Dédicace

La Troade [in] Les tragédies de Robert Garnier

Garnier, Robert

Éditeur scientifique : Dobby-Poirson, Florence

Description

Auteur du paratexteGarnier, Robert

Auteur de la pièceGarnier, Robert

Titre de la pièceLa Troade [in] Les tragédies de Robert Garnier

Titre du paratexteA Monseigneur l’archevêque de Bourges

Genre du texteDédicace

Genre de la pièceTragédie

Date1579

LangueFrançais

ÉditionParis, Mamert Patisson, 1585, in-12°.

Éditeur scientifiqueDobby-Poirson, Florence

Nombre de pages2

Adresse sourcehttp://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b86256333.r

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/Garnier-Troade-Dedicace.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/Garnier-Troade-Dedicace.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/Garnier-Troade-Dedicace.odt

Mise à jour2014-10-17

Mots-clés

Mots-clés français

GenreTragédie

SujetMalheur des princes ; destruction des peuples ; calamités

FinalitéMorale ; consolation face aux problèmes contemporains, plutôt que plaisir ; exemplarité du drame

ActualitéParallèle des malheurs troyens avec l’adversité contemporaine

Mots-clés italiens

GenereTragedia

ArgomentoInfelicità dei principi ; distruzione dei popoli ; calamità

FinalitàMorale ; consolazione di fronte ai problemi contemporanei, invece di piacere ; esemplarità del dramma

AttualitàParallelo tra le infelicità troiane e l’avversità dei tempi presenti

Mots-clés espagnols

GéneroTragedia

TemaInfortunio de los príncipes ; destrucción de los pueblos ; calamidades

FinalidadMoral ; consuelo frente a los problemas contemporáneos, antes que placer ; ejemplaridad del drama

ActualidadParalelo entre las desgracias troyanas y la adversidad contemporánea

Présentation

Présentation en français

En rappelant au dédicataire1 qu’il lui a déjà soumis une ébauche de sa tragédie, Garnier suggère que ce projet a reçu l’approbation et les conseils de ce fin lettré, dont la réputation lui servira de caution pour affronter le jugement du public. En effet la pièce peut déplaire, puisqu’elle représente les malheurs des princes et des peuples, en un temps où le lecteur ne peut manquer de voir des analogies entre les cruautés de la chute de Troie et celles des guerres de religion2. On s’attendrait alors à trouver l’argument traditionnel sur l’utilité de la tragédie, dont le sujet doit servir d’avertissement aux grands3 ; mais Garnier assigne un autre but à l’exemplarité du sujet : consoler des malheurs présents. Il se réfère à la légende qui fait des rois de France les descendants de Priam4 : que cette lignée ait survécu à la destruction de Troie, et rétabli son royaume d’origine sur un autre sol, prouve qu’aucun désastre national n’est irréversible. Faisant confiance au cours de l’Histoire, qui abat mais aussi reconstruit les empires, il avance que sa tragédie peut délivrer, paradoxalement, un message d’espoir5. Il évoque aussi deux forces transcendantes comme origine possible de l’action : soit l’influence arbitraire des astres, soit la colère divine. Cette seconde hypothèse implique que les personnages ont commis une faute, dont les malheurs sont la punition. Ainsi elle donnerait sens aux malheurs qui accablent les Troyens, et par extension les Français – et ce d’autant mieux que c’est le Dieu unique de la Bible, et non le panthéon antique, qui est désigné comme le moteur du drame6. Toutefois, entre l’intentionnalité divine et les forces obscures de la fatalité, Garnier s’abstient de trancher7.

Texte

À Monseigneur l’Archevêque de Bourges

{156 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b86256333/f345} Je vous ai présenté, Monseigneur, un échantillon de cette Tragédie, n’étant encore demi-ébauchée : que maintenant, ayant reçu la dernière main de son Auteur, je pousse en public, sous la targue8 de votre nom. Ne pensant qu’un ouvrage lettré doive plus justement mendier sa protection, que d’un personnage accompli de toutes espèces de littérature, comme vous. Je sais qu’il n’est genre de Poèmes moins agréable que {NP157 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b86256333/f346} celui-ci, qui9 ne représente que les malheurs lamentables des Princes, avec les saccagements des peuples. Mais aussi les passions de tels sujets nous sont jà si ordinaires, que les exemples anciens nous devront dorénavant servir de consolation en nos particuliers et domestiques encombres10, voyant nos ancêtres Troyens avoir, par l’ire du grand Dieu, ou par l’inévitable malignité d’une secrète influence des astres, souffert jadis toutes extrêmes calamités11, et que toutefois du reste de si misérables et dernières ruines s’est pu bâtir, après le décès de l’orgueilleux Empire Romain, cette très florissante Monarchie.

Votre serviteur

R. Garnier