IdT – Les idées du théâtre


 

Prologue

Les Ébahis

Grévin, Jacques

Éditeur scientifique : Lamy-Houdry, Mathilde

Description

Auteur du paratexteGrévin, Jacques

Auteur de la pièceGrévin, Jacques

Titre de la pièceLes Ébahis

Titre du paratexteAvant-Jeu

Genre du textePrologue

Genre de la pièceComédie

Date1562

LangueFrançais

ÉditionLe Théâtre de Jacques Grévin, de Clermont en Beauvaisis, Paris, Vincent Sertenas, 1562, in-8°

Éditeur scientifiqueLamy-Houdry, Mathilde

Nombre de pages2

Adresse sourcehttp://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k71938t.r

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/Grevin-Ebahis-Prologue.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/Grevin-Ebahis-Prologue.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/Grevin-Ebahis-Prologue.odt

Mise à jour2014-09-29

Mots-clés

Mots-clés français

ComédiensFarceurs

RéceptionRéactions du public féminin

MetadiscoursRefus de l’argument (pourtant donné)

Relations professionnellesCritique des mauvais poètes

Mots-clés italiens

AttoriBuffoni

RicezioneReazioni del pubblico femminile

MetadiscorsoRifiuto dell’argomento (benché dato)

Rapporti professionaliCritica dei poetastri

Mots-clés espagnols

Actor(es)Farsantes

RecepciónReacciones del público femenino

Relaciones profesionalesCritica de los malos poetas

OtrasRechazo del argumento (sin embargo dado)

Présentation

Présentation en français

Cet avant-jeu1 de la comédie de Grévin Les Ébahis est confié à une porte-parole de l’auteur (cf. v. 8) ; il expose les intentions et opinions du dramaturge, qui entend renouveler le genre comique et débarrasser la scène française des mauvais rimeurs qui pérennisent l’esthétique médiévale populaire et vile. Grévin entend imiter l’Antiquité et donner ses lettres de noblesse au genre comique, qui doit souligner les vices du peuple et transcrire fidèlement la langue de la rue, aux antipodes du pédantisme linguistique qu’il critique.

Texte

Avant-Jeu

{113 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k71938t/f139} Je ne suis pas ici venu
Pour vous conter par le menu
Le discours de la comédie,
Car ce serait ôter l’envie
5    Que chacun de vous doit avoir
De nous entendre et de nous voir,
Attendant qu’elle soit parfaite2.
Je viens de la part du Poète3,
Lequel vous remontre par moi
10    Ce qui plus le tient en émoi.
{114 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k71938t/f140} Le premier point, c’est qu’on endure
Ces étourdis, faisant Mercure4
De chaque bois mal raboté5
Pour servir l’Université ;
15    Une grand’ troupe mal choisie
Se joue de la poésie,
Et impudente rimassant6,
À cor et cri va pourchassant
Cette Déesse tant prisée7,
20    Dont ils font naître la risée :
Car comme nouveaux bateleurs,
Afin d’enrichir les fureurs
De leurs tragédies farcées,
Ou leurs farces moralisées8,
25    Pour la faiblesse de leurs reins,9
À trompettes et tambourins10
Et gros mots qu’on ne peut entendre11,
Ils se sont essayés de rendre,
Et mouvoir au-dedans du cœur
30    De plus attentif auditeur
Une pitié, une misère,
Au lieu qu’un bon vers le doit faire.
L’autre point qui m’a fait venir
Est pour vous faire souvenir
35    De cette plainte, qui fut faite
Naguère encontre le Poète,
{115 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k71938t/f141} Pour la rancune et le souci
Des dames de ce quartier-ci,
Qui pour être un peu trop friandes
40Feront six plats de deux viandes12 :
Et alors qu’on n’y pense pas,
D’un rien elles feront grand cas ;
Car quand le Poète pense faire
Quelque chose pour vous complaire,
45    Elles prennent opinion
Que c’est à leur intention13,
Et que toujours on parle d’elles,
Si aux comédies nouvelles
On a possible14 découvert
50Un lieu de la place Maubert15.
Et voilà, ce que je propose
Fait que froidement il16 dispose
Par ses vers le gentil17 discours
De ces tant heureuses amours18,
55    Dont toutefois il eut envie
De composer la comédie19
Que vous aurez présentement.
Mais il n’a pas tant seulement
Osé mettre en écrit la rue20
60    Où il a cette affaire vue,
Craignant leur donner quelque ennui.
Ce nonobstant j’ai su de lui,
{116 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k71938t/f142} Comme une chose bien secrète,
Que cette comédie est faite
65Sur le discours de quelque amour,
Qui s’est conduit au carrefour
De saint Séverin21 ; mais je vous prie,
D’autant que vous avez envie
D’être secrets, de tenir coi22,
70    Car je vois ci derrière moi
Le sire Josse : que personne
Ne fasse que trop il soupçonne23,
Car notez qu’il est fiancé,
Pourtant qu’il24 a toujours pensé
75    Que madame Agnès était morte.
Mais il fera, avant qu’il sorte
De ce lieu, que sommairement
Vous connaîtrez tout son tourment.