IdT – Les idées du théâtre


 

Dédicace

Le Miroir des veuves. Tragédie sacrée d’Holopherne et Judith

Heyns, Pierre

Éditeur scientifique : Cullière, Alain

Description

Auteur du paratexteHeyns, Pierre

Auteur de la pièceHeyns, Pierre

Titre de la pièceLe Miroir des veuves. Tragédie sacrée d’Holopherne et Judith

Titre du paratexteÀ très honnête et vertueuse demoiselle, Mademoiselle Van Nispen, veuve de feu Monsieur Hoostman de louable mémoire

Genre du texteDédicace

Genre de la pièceTragédie

Date1596

LangueFrançais

ÉditionHaarlem, Gilles Romain, pour Zacharie Heyns, libraire à Amsterdam, 1596, in-8°. (Numérisation en cours)

Éditeur scientifiqueCullière, Alain

Nombre de pages2

Adresse source

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Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/Heyns-Miroirveuves-Dedicace.odt

Mise à jour2014-12-22

Mots-clés

Mots-clés français

GenreComédie ; tragédie

SujetGrave et modeste

ComédiensÉcoliers

ScenographieCostumes en soie

ReprésentationÉcole de jeunes filles

FinalitéHonnête récréation

ExpressionGrave et modeste

Mots-clés italiens

GenereCommedia ; tragedia

ArgomentoGrave e modesto

AttoriScolari

ScenografiaAbiti di seta

RappresentazioneScuola di ragazze

FinalitàRicreazione onesta

EspressioneGrave e modesta

Mots-clés espagnols

GéneroComedia ; tragedia

TemaGrave y modesto

Actor(es)Escolares

EscenografiaTrajes de seda

RepresentaciónEscuelas de muchachas

FinalidadHonesta recreación

ExpresiónGrave y modesta

Présentation

Présentation en français

Ainsi que l’explique Pierre Heyns, la comédie et la tragédie, pour peu qu’elles soient « grave[s] et modeste[s] », constituent une « honnête récréation ». Les deux adjectifs, qui renvoient à la notion de modération, suggèrent qu’il n’y ait ni écarts licencieux dans la comédie, ni excès passionnés dans la tragédie. Cette « tragédie sacrée » de Judith, composée et jouée dans une école de jeunes filles où enseignait l’auteur, doit contribuer à « l’édification du sexe féminin ». La pièce avait d’ailleurs été jouée par les filles de la dédicataire, Mademoiselle Van Nispen, laquelle avait fourni des « habillements de soie » pour les costumes, lors de la représentation.

Texte

À très honnête et vertueuse demoiselle, Mademoiselle Van Nispen, veuve de feu Monsieur Hoostman de louable mémoire1.

Mademoiselle très honorée, il y a longtemps que j’ai fort désiré de faire paraître publiquement l’affection et respect que je vous porte et porterai à jamais, en reconnaissance de l’honneur et faveur que nous (je dis moi et les miens) avons reçu de vous en plusieurs endroits, tant en Anvers, notre bien chère patrie, qu’en Allemagne, Osterland2 et ailleurs, où nous nous sommes entre-trouvés. Et pensant à part moi comment je le pourrais faire honnêtement en vous agréant, je me suis avisé de vous dédier une des comédies ou tragédies jouées il y a quelques années par les disciples de notre école3, au nombre desquelles furent aussi mesdemoiselles vos chères filles, à la requête de qui vous fîtes faire, par une honnête libéralité qui vous est comme naturelle, quelques habillements de soie pour accoutrer certains personnages desdites comédies4. Et à qui la pourrais-je aussi mieux adresser qu’à celle que je connais de long temps5, vraie amatrice de toute honnête récréation, et par conséquent de la comédie et tragédie grave et modeste6, comme sont celles dont nous venons de parler ? Or étant l’an passé sollicité bien instamment par quelques miens amis, amateurs de la vertu, de mettre en lumière, à l’édification du sexe féminin, celle des Ménagères, comme je fis aussi7, je me résolus alors de publier à votre honneur la tragédie d’Holopherne et Judith, laquelle je jugeai entre les autres mieux vous convenir, en premier lieu parce qu’elle traite de la vraie viduité, auquel état vous avez déjà été l’espace de quinze ans, bien qu’à votre grand regret, pour avoir perdu un tant homme de bien que fut d’heureuse mémoire le Sr Hoostman, votre feu mari. En après, pour ce que vous prîtes si grand plaisir à la voir représenter, comme souvent ai entendu, et même de votre propre bouche. Dont m’assure fermement que vous ne prendrez moindre plaisir à la feuilleter et remirer8 à part vous. Je vous la dédie et consacre donc maintenant d’une affection sincère et entière, vous priant la recevoir de la pareille, comme je n’en doute aucunement. Et à tant9, Mademoiselle, me recommanderai à la continuation de vos bonnes grâces, suppliant Dieu vous élargir tant les siennes qu’en décevant et surmontant le cruel Holopherne (je dis ce Lion rugissant, qui tâche jour et nuit à dévorer les fidèles10), vous puissiez en Judith, avec tous les vôtres, chanter à jamais le cantique d’éternelle louange11. Ainsi soit-il.

De Haarlem, ce premier de mai, 1596.

Votre très humble et bien affectionné serviteur et ami, Pierre Heyns.