IdT – Les idées du théâtre


 

Préface

Saint Jacques, tragédie représentée publiquement à Limoges par les confrères Pèlerins dudit saint, en l’année 1596, le jour et fête Saint Jacques 25 Juil[let]

Bardon de Brun, Bernard

Éditeur scientifique : Lamy-Houdry, Mathilde

Description

Auteur du paratexteBardon de Brun, Bernard

Auteur de la pièceBardon de Brun, Bernard

Titre de la pièceSaint Jacques, tragédie représentée publiquement à Limoges par les confrères Pèlerins dudit saint, en l’année 1596, le jour et fête Saint Jacques 25 Juil[let]

Titre du paratexteAu Lecteur

Genre du textePréface

Genre de la pièceTragédie

Date1596

LangueFrançais

ÉditionLimoges, Hugues Barbou, 1596, in-8°

Éditeur scientifiqueLamy-Houdry, Mathilde

Nombre de pages2

Adresse sourcehttp://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70629s

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/BardondeBrun-SaintJacques-Preface.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/BardondeBrun-SaintJacques-Preface.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/BardondeBrun-SaintJacques-Preface.odt

Mise à jour2015-05-06

Mots-clés

Mots-clés français

SujetSaint Jacques

Personnage(s)Saint Jacques ; chœur des anges comme chœur de personnages parlant au sein de l’acte

ComédiensPèlerins

RéceptionLecteurs catholiques ; lecteur pratiquant le culte des saints

FinalitéAmbiguë : saint Jacques peut guérir les croyants et blesser ceux qui ne pratiquent pas le culte des saints

MetadiscoursNature et contenu du prologue : « quelques avant-prières » et « causes [...] de ce jeu public »

Mots-clés italiens

ArgomentoSan Giacomo

Personaggio(i)San Giacomo ; coro degli angeli come coro di personaggi que parlano nell’atto

AttoriPellegrini

RicezioneLettori cattolici ; lettore che pratica il culto dei santi

FinalitàAmbigua : san Giacomo può guarire i credenti e ferire quelli che non praticano il culto dei santi

MetadiscorsoNatura e contenuto del prologo : « quelques avant-prières », « causes [...] de ce jeu public »

Mots-clés espagnols

TemaSantiago

Personaje(s)Santiago ; coro de los ángeles como coro de personajes que hablan en el acto

Actor(es)Peregrinos

RecepciónLectores católicos ; lector que practica el culto de los santos

FinalidadAmbigüa : Santiago puede curar a los creyentes y herir a los que no practican el culto de los santos

MetadiscursoNaturaleza y contenido del prólogo : algunas “ante-oraciones” y “causas [...] de este juego público”

Présentation

Présentation en français

L’épître « Au Lecteur » de cette tragédie consacrée à l’apôtre Saint Jacques, saint patron de l’Espagne, affirme l’importance des affinités entre l’auteur et les lecteurs, qui doivent être catholiques, ainsi que le précise clairement l’apostrophe « Lecteur catholique ». Le public profane, qui ne pratique pas le culte des saints, doit s’abstenir, car il ne pourrait qu’être blessé par la lumière sainte, à moins qu’il ne soit prêt à être converti. Cette pièce, qui témoigne d’une réelle nostalgie pour la Ligue, est jouée par les membres de la confrérie des pèlerins de Saint Jacques : une parfaite cohérence spirituelle est ainsi assurée entre le dramaturge, les comédiens et leur public. Bardon de Brun justifie ensuite le terme de « prologue », qu’il utilise au sens large « d’avant-discours », quand bien même son contenu relève davantage de la littérature théologique (consistant « en quelques avant-prières » et en un rappel des circonstances de ce « jeu public » plutôt qu’en la présentation de la vie de saint Jacques). Il précise enfin que le chœur des Anges du cinquième acte fait partie des personnages de l’acte, et qu’il ne s’agit en aucun cas d’une clôture. Du modèle tragique ne subsistent ainsi que les codes d’écriture (la division en actes, les chœurs).

Texte

Au Lecteur

[NP1] C’est un même objet qui meut les facultés de l’auteur d’un livre et du lecteur. Saint Jacques en ce petit ouvrage est mon objet : il doit donc être celui du lecteur. J’avance ces mots d’un premier abord pour détourner, si je puis, de la lecture d’icelui ceux qui n’auront le culte des saints en l’objet de leur vue, et qui, ne l’ayant, bataillent contre leur propre syndérèse1 qui le leur présente. Ce que je fais pour la santé de leurs yeux, car cette grande lumière Saint Jacques2, comme celle d’un soleil rayonnant au midi, s’ils la voulaient regarder en ce livre, leur ferait mal à la vue3, principalement vu l’imbécillité4 où elle est déjà constituée5 ; sinon qu’ils6 voulussent appliquer cette même lumière à la guérison de leur mal, car elle a la vertu aux deux divers effets, suivant la disposition des sujets. Au reste, Lecteur catholique, vous avez occasion de vous contenter d’un si beau et si grand objet. À quoi je n’ai autre chose à vous ajouter, sinon que si, jetant les yeux sur le titre du prologue, vous hésitez et vous étonnez de telle façon de langage, Cum id inusitatum esse videatur in dramate tragico7, votre plaisir soit de considérer que, combien qu’il porte le nom de « Prologue », toutefois en effet Non sapit omnino naturam pro[NP2]logi8 : car le contenu d’icelui consiste en quelques avant-prières, comme vous pourrez voir, et en une adresse au peuple pour lui déclarer les causes qui ont mû messieurs les Pèlerins à entreprendre ce jeu public, comme chose advenant de nouveau, non qu’en icelui je m’arrête à mettre (même ayant fait argument) les actes de S. Jacques. Ce que néanmoins j’ai tout intitulé « Prologue », parce que jeter un avant-discours tel que ce soit, mais qui semble être requis à la préparation du sujet que l’on traite, j’appelle ce en terme général, et vocabulo late sumpto9, προλογίζειν10. Je vous avertirai aussi de ne prendre pas le chœur des Anges, qui est au cinquième acte, comme chœur suivant et après l’acte, mais comme chœur de personnages entreparlants en l’acte même, comme il est aisé à voir. Adieu.