IdT – Les idées du théâtre


 

Préface

La Famine ou Les Gabéonites, Tragédie prise de la Bible et suivant celle de Saül

La Taille, Jean de

Éditeur scientifique : Busca, Maurizio

Description

Auteur du paratexteLa Taille, Jean de

Auteur de la pièceLa Taille, Jean de

Titre de la pièceLa Famine ou Les Gabéonites, Tragédie prise de la Bible et suivant celle de Saül

Titre du paratexteAu lecteur

Genre du textePréface

Genre de la pièceTragédie

Date1573

LangueFrançais

ÉditionParis, Fédéric Morel, 1573, in-8°

Éditeur scientifiqueBusca, Maurizio

Nombre de pages2

Adresse sourcehttp://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5734760f

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/LaTaille-Famine-Preface.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/LaTaille-Famine-Preface.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/LaTaille-Famine-Preface.odt

Mise à jour2014-10-17

Mots-clés

Mots-clés français

ExpressionTragédie déclamée / chœurs chantés ; refus de l’alternance des rimes masculines et féminines, sauf pour les chœurs ; vers bien faits, coulants, reflets des sentiments humains

MetadiscoursRenvoie à la préface de son Saül

Mots-clés italiens

EspressioneTragedia declamata / cori cantati ; rifiuto dell’alternanza delle rime maschili e femminili, tranne per i cori ; versi ben fatti, sciolti, reflessi degli affetti umani

MetadiscorsoRinvia alla prefazione del suo Saul

Mots-clés espagnols

ExpresiónTragedia declamada / coros cantados ; rechazo de la alternancia de las rimas masculinas y femeninas, excepto para los coros ; versos bien hechos, ágiles, reflejo de los sentimientos humanos

MetadiscursoRemite al prefacio de su Saúl

Présentation

Présentation en français

Cette brève préface se compose de deux parties. La première concerne l’alternance des rimes masculines et féminines dans la tragédie, procédé qui n’était pas encore systématique en 1573. La Taille respecte l’alternance dans les chœurs (puisqu’il s’agit, écrit-il, des seules sections destinées à être chantées), mais il refuse d’appliquer « cette rigoureuse loi » à l’ensemble du texte : il s’inscrit ainsi dans le sillage de théoriciens comme Du Bellay, Peletier du Mans et Ronsard, et illustré par Étienne Jodelle dans ses tragédies.

La deuxième partie, qui constitue l’argument de La Famine, est une citation du passage des Antiquités Judaïques narrant l’épisode biblique du sacrifice des Gabaonites (le passage en question, par ailleurs, suit de près le texte de la Bible). Le choix de se servir des « propres mots de [Flavius] Josèphe », garantie de la véracité de la matière de la pièce, est lié à la finalité que La Taille confère à sa tragédie : montrer aux gouvernants le douloureuse vérité sur l’état présent de la nation pour les convaincre de mettre fin aux guerres civiles1.

Texte

Au lecteur

{5 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5734760f/f14} Je n’ai voulu, ami lecteur, observer ici les vers masculins ni féminins (ainsi qu’en mon Saül) car outre qu’on ne chante guère les tragédies, ni comédies, sinon les chœurs2, où j’ai gardé cette rigoureuse loi, il suffit que les vers au reste soient bien faits, bien coulants, et représentent bien nos affections humaines et toute autre chose3. Quant à la façon, à l’art et à l’excellence d’une tragédie, je m’en tais, pour en avoir assez traité en la préface de mon Saül4.

Les propres mots de Josèphe en ses Antiquités, livre septe (outre le 21. chap. du 2 des Rois) serviront ici d’un argument5.

Après cela tout le pays fut accablé d’une véhémente famine, et le roi David pria Dieu en humilité qu’il eût pitié de son peuple, et qu’il lui plût démontrer la cause et le remède d’un si grand mal. La réponse fut donnée par les Prophètes, que Dieu demandait que vengeance fût faite pour les Gabaonites qui avaient été déçus6 et tués par Saül contre tout droit et raison, lequel avait violé le serment qui leur avait été fait jadis par le capitaine Josué et tous les anciens du peuple. Par quoi si le roi permet aux Gabéonites de faire telles punitions qu’il voudront pour leurs {5 v° http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5734760f/f15} citoyens, qui avaient été occis, Dieu sera apaisé, et délivrera le peuple de cette grande calamité. Après que cela fut entendu par le rapport des Prophètes, le roi fit venir les Gabéonites, et leur demanda ce qu’ils voulaient qu’on fît pour eux. Lesquels répondirent qu’ils demandaient sept hommes de la race et famille de Saül pour les pendre au gibet ; et le roi les fit chercher, et les livra ès mains des Gabéonites, qui les punirent comme bon leur sembla7 ; et tout incontinent il plut sur la terre, qui devint fertile comme auparavant, et le peuple eut abondance de biens, comme il soulait8.