IdT – Les idées du théâtre


 

Préface

La Sophonisbe, tragédie de Mairet. Dediée à Monseigneur le garde des sceaux.

Mairet, Jean

Éditeur scientifique : Louvat-Molozay, Bénédicte

Description

Auteur du paratexteMairet, Jean

Auteur de la pièceMairet, Jean

Titre de la pièceLa Sophonisbe, tragédie de Mairet. Dediée à Monseigneur le garde des sceaux.

Titre du paratexteAu Lecteur

Genre du textePréface

Genre de la pièceTragédie

Date1635

LangueFrançais

ÉditionParis : Pierre Rocolet, 1635, in-4°.

Éditeur scientifiqueLouvat-Molozay, Bénédicte

Nombre de pages1

Adresse sourcehttp://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1097788/f5.image.r=.langFR

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/Mairet-Sophonisbe-Preface.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/Mairet-Sophonisbe-Preface.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/Mairet-Sophonisbe-Preface.odt

Mise à jour2013-05-23

Mots-clés

Mots-clés français

GenreTragédie

SourcesTite-Live ; Appien Alexandrin

SujetAltération de l’Histoire

RéceptionSuccès

FinalitéCommisération

AutreAristote ; Prospero Bonarelli

Mots-clés italiens

GenereTragedia

FontiTito Livio ; Appiano di Alessandria

ArgomentoAlterazione della Storia

RicezioneSuccesso

FinalitàPietà

AltriAristotele ; Prospero Bonarelli

Mots-clés espagnols

GéneroTragedia

FuentesTito-Livio ; Apiano Alejandrino

TemaAlteración de la Historia

RecepciónÉxito

FinalidadConmiseración

OtrasAristóteles ; Prospero Bonarelli

Présentation

Présentation en français

Créée à la fin de l’année 1634, La Sophonisbe avait remporté un succès considérable. Autant qu’à sa dispositio conforme aux règles, ce succès était dû à son inventio, en l’occurrence au choix opéré par Mairet du vraisemblable aux dépens du vrai et à la transformation d’un sujet historique en un drame amoureux. L’avis au lecteur justifie a posteriori les modifications apportées à la trame historique, en rappelant l’autorité d’Aristote (la célèbre comparaison entre le poète et l’historien du chapitre IX de la Poétique) et de l’un de ses récents commentateurs italiens, Prospero Bonarelli. En ces années décisives pour l’histoire de la tragédie française, le dramaturge indique la voie que suivront la plupart de ses contemporains, à l’exception de Corneille (auteur en 1663 d’une Sophonisbe beaucoup plus conforme aux données historiques), et que théorisera l’abbé d’Aubignac dans sa Pratique du théâtre. Contrairement, toutefois, à d’Aubignac, Mairet ne justifie pas seulement par le respect des bienséances les morts de Syphax et de Massinisse : l’avis au lecteur de La Sophonisbe est aussi l’occasion d’affirmer que le but visé par la tragédie n’est pas l’édification mais la « compassion » du spectateur.

Texte

AU LECTEUR

[NP1] Le sujet de cette tragédie est dans Tite-Live, Polybe, et plus au long dans Appien Alexandrin1. Il est vrai que j’y ai voulu ajouter pour l’embellissement de la pièce, et que j’ai même changé deux incidents de l’histoire assez considérables, qui sont la mort de Syphax, que j’ai fait mourir à la bataille, afin que le peuple ne trouvât point étrange que Sophonisbe eût deux maris vivants : et celle de Massinisse, qui vécut jusques à l’extrême vieillesse2. Les moins habiles doivent croire que je n’ai pas altéré l’histoire sans sujet, et les plus délicats verront, s’il leur plaît en prendre la peine, la défense de mon procédé dans Aristote. Sane constat ex his non Poetae esse ipsa facta propria narrare, sed quemadmodum geri quiverint, vel verissimile, vel omnino necessarium fuerit, etc.3 Et pour les modernes, qu’ils aient la curiosité de me voir justifier dans les deux discours que le comte Prosper Bonarelli adresse à un de ses amis nommé Antoine Brun, pour son Soliman4, que j’espère habiller un de ces jours à la française5 : c’est en la dernière impression de l’année M.DC.XXXII. Tant y a que je fais faire à Massinisse ce qu’il devait avoir fait6, et que la fin de la tragédie étant la commisération7, je ne la pouvais pas mieux trouver qu’en le faisant mourir. Si je mets jamais ma Cléopâtre au jour8, je m’étendrai davantage sur cette matière : cependant l’expérience a montré sur le théâtre, que je n’ai point mal fait de m’éloigner un peu de l’histoire9.