IdT – Les idées du théâtre


 

Dédicace

Les Trahisons d’Arbiran

Le Métel d’Ouville, Antoine

Éditeur scientifique : Teulade, Anne

Description

Auteur du paratexteLe Métel d’Ouville, Antoine

Auteur de la pièceLe Métel d’Ouville, Antoine

Titre de la pièceLes Trahisons d’Arbiran

Titre du paratexteÀ Monseigneur, Monseigneur Bouthillier, Conseiller du Roi en ses Conseils d’État, et privé, et surintendant de ses finances

Genre du texteDédicace

Genre de la pièceTragi-comédie

Date1638

LangueFrançais

ÉditionParis, Augustin Courbé, 1638, in-4°

Éditeur scientifiqueTeulade, Anne

Nombre de pages4

Adresse sourcehttp://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6272681r

Fichier TEIhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/tei/Ouville-Arbiran-Epitre.xml

Fichier HTMLhttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/Ouville-Arbiran-Epitre.html

Fichier ODThttp://www.idt.paris-sorbonne.fr/odt/Ouville-Arbiran-Epitre.odt

Mise à jour2013-02-13

Mots-clés

Mots-clés français

ComédiensNécessaires au succès

ReprésentationPublic conquis

RéceptionSuccès populaire ; représentation / lecture

FinalitéPlaisir (agrément)

Relations professionnellesCommanditaire : Richelieu

Mots-clés italiens

AttoriNecessari al successo

RappresentazionePubblico conquistato

RicezioneSuccesso popolare ; rappresentazione / lettura

FinalitàDiletto (gradevolezza)

Rapporti professionaliCommitente : Richelieu

Mots-clés espagnols

Actor(es)Necesarios para el éxito

RepresentaciónPúblico conquistado

RecepciónÉxito popular ; representación / lectura

FinalidadPlacer (agrado)

Relaciones profesionalesAutor del encargo : Richelieu

Présentation

Présentation en français

Cette épître dédicatoire nous permet de comprendre que la pièce a eu du succès en son temps (alors qu’elle est tombée dans l’oubli par la suite, à la différence d’autres pièces de l’auteur) et qu’elle a été commandée par Richelieu. Il s’agit de la première pièce de d’Ouville, et l’on voit donc que sa carrière a été favorisée par le Cardinal, dont Boisrobert, frère de l’auteur, était favori, et pour qui d’Ouville avait écrit des Stances, publiées en 1634. La fin de l’épître évoque les effets scéniques qualifiés d’« habits pompeux et éclatants » et comparés aux fards féminins, qui donnent leurs grâces au texte et masquent ses prétendus défauts : il craint que la perte des éléments scénographiques que suppose le passage à la lecture n’appauvrisse considérablement le plaisir ressenti au spectacle. La dédicace livre donc des éléments contextuels sur le début de la carrière de d’Ouville, ainsi que quelques propos sur l’importance de la mise en scène pour l’appréciation du texte de théâtre.

Texte

À Monseigneur Bouthillier1, Conseiller du Roi en ses conseils d’État et privé, et Surintendant de ses finances

Monseigneur,

[NP1]Vous blâmerez peut-être la hardiesse que je prends, de vous donner un entretien si peu digne de votre esprit, parmi tant de sé[NP2]rieuses affaires qui l’occupent. Et je serais sans doute accusé de vouloir faire un larcin à l’État, si je vous osais demander une heure de votre temps, qui lui est si nécessaire. Mais quand vous considérerez, Monseigneur, qu’en vous présentant ce mauvais ouvrage, il ne m’est jamais tombé dans l’esprit que vous eussiez, ni la volonté, ni le loisir de passer les yeux par-dessus2, et que je ne le fais que pour ma seule réputation, vous êtes si généreux, que vous ne serez point marri qu’une personne, qui vous a déjà de si grandes obligations comme moi, se serve de votre nom, pour acquérir de la gloire, en chose qui vous est de si peu d’importance. Je vis (et vous me fîtes la faveur de me le témoigner, Monseigneur) que quand cette pièce eut l’honneur d’être représentée devant vous, elle ne vous fut point désagréable. Cela étant, et me donnant la liberté de la publier, je suis assuré que quand [NP3] on saura qu’elle vous a plu, elle ne pourra jamais déplaire à personne : de façon3 qu’elle recevra de vous toute l’approbation qu’elle aura4, ce qu’elle n’aurait jamais osé espérer d’elle5. Il est vrai que le peuple y a trouvé des agréments qu’il n’a point feint de publier6 tout haut, autant de fois qu’elle a paru sur le théâtre, dont7 je ne m’étonne point, car je lui ai ouï louer des choses encore plus mauvaises. Mais qu’elle ait pu surprendre un si grand esprit que le vôtre, c’est de quoi8 je ne suis pas moins glorieux9 qu’étonné. Je suis ravi, Monseigneur, que le grand nombre des affaires dont vous êtes accablé ne vous donne pas le loisir de vous détromper en la lisant ; car dans votre cabinet, elle perdrait toutes les grâces qui lui ont donné l’honneur de vous plaire. Ce serait une laide femme fardée, qui d’abord en l’obscurité vous aurait donné dans la vue10, et qui vous déplairait au jour. Vous verriez cette pièce toute nue, [NP4] avec une infinité de défauts que les habits pompeux et éclatants du théâtre lui avaient cachés. Si vous y avez remarqué quelque esprit, elle en doit la gloire aux excellents acteurs qui l’animaient11 ; de sorte qu’elle serait comme la corneille d’Horace12. Mais considérez, Monseigneur, que c’est la première que j’ai faite ; ce que je n’eusse jamais osé entreprendre sans le commandement d’un maître13 à qui personne ne peut ni ne doit désobéir, et dont il semble que les commandements portent avec soi, à celui qui les reçoit, le pouvoir de les exécuter. Si elle a plu, c’est parce qu’il m’a commandé qu’elle fût faite. L’honneur de votre protection couvrira une partie de ses défauts ; c’est une faveur qu’espère de votre générosité,

Monseigneur,

Votre très humble, et très obéissant serviteur,

d’Ouville.